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La recette pour un jeu eSport

Il y a quelques mois, nous avons fait un premier article pour expliquer ce qu’était l’eSport en général, et donner une idée de l’influence que la discipline avait acquis ces dernières années. Mais il reste une question que vous pourriez vous poser, et à laquelle nous n’avons pas encore répondu : à quoi ressemble un jeu eSport ?

Vous imaginez bien que parmi tous les genres et sous-genres de jeux vidéo existants, certains – la plupart même – ne sont pas fait pour entrer dans l’eSport. Depuis le début des années 2000, quelques élus seulement ont su tirer leur épingle du jeu et trouver la bonne recette sur la durée. Plus récemment, les développeurs s’appliquent même à utiliser cette recette pour créer des jeux entièrement destinés à devenir compétitifs. Alors, que faut-il avoir pour réussir dans le milieu ? Quelles sont les caractéristiques essentielles à un jeu eSport ? Petit tour des lieux :

Un jeu multijoueur

Cela peut sembler assez logique dit comme ça, mais il faut bien commencer quelque part. Oui, pour qu’une scène compétitive se crée autour d’un jeu, il faut en premier lieu que ce dernier soit multijoueur, qu’il permette donc aux joueurs de s’affronter entre eux, et non pas seulement contre une intelligence artificielle créée pour l’occasion. Cela peut inclure des parties en un contre un, ou opposant deux équipes de plusieurs joueurs. Ce qui compte, c’est qu’on puisse se mesurer aux autres pour déterminer qui est le meilleur.

Un jeu sans bug

Ok, celui-là aussi paraît assez logique, mais là encore il n’est pas toujours simple de le mettre en pratique. Un jeu eSport doit permettre aux joueurs de se reposer entièrement sur leurs réflexes, leur réflexion et leur connaissance du jeu pour gagner, sans avoir à craindre ou à tirer profit d’un bug quelconque. Cela exige stabilité, mises à jour régulières, et prise en compte des retours de la communauté.

Un jeu facile à comprendre, difficile à maîtriser

Rentrons un peu plus dans le vif du sujet : un jeu eSport est un jeu dont les mécaniques et les objectifs sont (plus ou moins) faciles à comprendre, mais dont la parfaite maîtrise est fastidieuse. Pour qu’une communauté entière passe des centaines, voire des milliers d’heures à recommencer encore et toujours les mêmes parties, à répéter les mêmes mécaniques et à peaufiner ses stratégies, il faut que le jeu offre une marge de progression énorme et récompense les joueurs pour leur acharnement. Un jeu trop facile lassera rapidement les joueurs comme les spectateurs et ne proposera que peu de compétition.

Un système de compétition professionnel

Parlons à présent de ce qui se passe autour du jeu lui-même : une large communauté et un fort engouement mènent à l’organisation de tournois de grande envergure, voire même la création de circuits compétitifs annuels qui permettent aux joueurs et aux spectateurs de s’y retrouver, et de ne pas simplement jouer pour du beurre. A ce niveau, l’eSport s’est largement inspiré des sports traditionnels, et certains, comme le système de tournois sur League of Legends, sont un complexe mélange de ligues régionales et de circuit de qualification pour des championnats du monde. Pour qu’un jeu marche dans l’eSport, il faut donc également prendre en compte ce qui l’entoure, et organiser tout un système de tournois qui permettra de faire monter la hype et de proposer des rendez-vous saisonniers aux spectateurs.

Un jeu qui fait le show

Oui car enfin, il est un dernier ingrédient qu’il ne faut surtout pas oublier dans la recette : le spectacle. Pour qu’un jeu fasse vibrer les joueurs autant que les spectateurs, il lui faut une dose de spectaculaire, de palpitant, et il faut que tout cela soit visible à l’écran. Cela passe par un design bien pensé de la fenêtre de jeu et des actions, par un mode spectateur qui permet d’obtenir une vue d’ensemble ou, au contraire, de voir une action très précise, et par des éléments, formes et couleurs permettant de distinguer le plus important au milieu des combats. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la qualité des graphismes n’a qu’une importance secondaire pour un jeu eSport, puisque cela pourrait ralentir le jeu ou ajouter trop d’informations à l’écran.

 

Comme dit précédemment, cette recette a prouvé son efficacité, et c’est pourquoi certains développeurs créent désormais des jeux entièrement destinés à entrer dans l’eSport, tels qu’Overwatch, Clash Royal, ou plus récemment Fortnite. Si on respecte ces quelques règles, on s’assure bien souvent de trouver son public, et il reste à faire en sorte que cela marche sur le long terme. Pourtant, parfois, malgré tous les efforts mis en œuvre, la sauce ne prend pas. Preuve que les plus grands titres d’aujourd’hui dans la discipline auront toujours un petit quelque chose en plus qui sait passionner les foules.

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